Dans les coulisses d'OB Gallery...

Olivier Bénier est né en France  (1975). Il vit à Paris.
Depuis l’âge de 20 ans, il se passionne pour l’image et plus particulièrement pour la photographie.


Les opportunités lui font prendre un premier chemin, le conduisant vers les métiers de la scène. Il côtoie alors le milieu des comédiens. Avant de devenir technicien dans un théâtre parisien en 2003, il multiplie les jobs lui permettant de découvrir nombre d’univers. Ce faisant, il emmagasine les portraits et cultive son regard de photographe. Toujours attiré par ce métier, il décide de prendre du recul et de réfléchir aux conditions lui permettant d’en vivre. Ainsi, au cours d’un premier voyage d’un an en Australie en 2007, équipé d’un reflex, il prend sa décision : être photographe professionnel. L' action de cet objectif le conduit à suivre une formation au CFD à Paris, afin d’être photoreporter.

Suite à cela, il part pour un voyage initiatique, qui lui fait traverser l’Europe, la Turquie, l’Iran et le  Pakistan, avant d’arriver en Inde, où il reste 5 mois. Deux ans après son retour en France, il vend ses premières photos dans la rue. Cette pratique lui permet d’établir des relations enrichissantes avec les acheteurs.

Voyager, prendre des photos des femmes et des hommes qui peuplent notre planète ; les vendre, pour pouvoir repartir et réaliser de nouveaux sujets qui vous interrogent ; telle est sa passion, entretenue par les liens noués avec le public de ses photos. Olivier remercie particulièrement toutes celles et tous ceux qui lui ont accordé un instant, en s’offrant à son regard.

Pour prolonger sa démarche, toujours en perpétuelle réflexion et en quête de projets, Olivier crée en mai 2016 OBgallery, un site internet dédié à la vente en ligne des tirages. Afin de rester fidèle à ses engagements, le photographe tient à reverser une partie de ses ventes à une association humanitaire.

 

Comment vous est venu l’idée de créer OBgallery, une galerie en ligne ?

Revenu de ce voyage en 2011, j’expose mes photos dans la rue d’abord de façon impromptue, puis de plus en plus organisée au fil des mois. Je me suis installé dans le Marais, au cœur de Paris où  jusqu’à ce jour, régulièrement, les week-ends de beaux temps, je donne à voir aux passants.

Sur le grand nombre de personnes s’arrêtant, beaucoup me demandaient une adresse internet pour voir plus longuement les photos. Avec la galerie Web, il s’agit donc d’améliorer qualitativement le service rendu et de faire un meilleur bénéfice, afin notamment de pouvoir en reverser une partie à Aide & Action.

Pouvez-vous nous dire pourquoi et pourquoi à cette association ?

En commençant à commercialiser mes photos sur différents marchés d’art parisiens, lorsque je faisais une vente, je réalisais que j’étais en train de gagner de l’argent grâce aux personnes photographiées, qui s’étaient le plus souvent très gentiment prêtées à mon jeu… Etant sensible à la justice et à l’égalité, j’ai pensé que le meilleur moyen de les remercier était de reverser une partie des gains à « Aide & Action ».

Cette  association met tout en œuvre dans certains pays défavorisés, pour donner une chance aux enfants qui en sont démuni, d’avoir un accès à l’éducation scolaire. Hormis le fait que j’adore les enfants, je partage l’idée défendue par cette association : « un enfant qui ne va pas à l’école est une chance en moins pour le monde de demain ». Cette association se bat sur le terrain des apprentissages fondamentaux pour chaque être humain : lire, écrire, réfléchir.

J’aime beaucoup les deux mots aider et être dans l’action : quoi de plus passionnant pour un homme ! C’est donc pour moi, une façon d’agir et de rester optimiste, alors que le monde actuel donne souvent des raisons de s’inquiéter et de se fermer aux autres. Or, la posture d’ouverture, la curiosité, sont à la base du travail photographique. Y ajouter le geste, fut-il modeste, m’est indispensable.

10% de mes ventes sont donc reversées à Aide & Action.

Avez-vous d’autres projets ?

Oui trop parfois je pense ! (rires)

Vendre mes photos sur cette galerie me permet de financer la part humanitaire de mon action, mais aussi de financer de prochains voyages et reportages, de photographier à nouveau les habitants de ce monde, et de leurs conditions de vie, c’est le seul sujet qui me passionne vraiment en photo ; l’être humain.

C’est pourquoi, si je devais me définir en tant que professionnel, je dirai que je suis tout simplement photographe humaniste.

Mon idée est proche du photojournalisme. Je veux à l’avenir centrer mes reportages sur des sujets qui me touchent comme la maltraitance des enfants travailleurs ou des conditions des femmes dans certains pays et les mariages d’enfants. Sensible à l’écologie, j’ai commencé un reportage sur la déforestation de la forêt du Chaco que je compte poursuivre prochainement.

Á la base, pour moi, faire du photojournalisme consiste donc en une prise de conscience des choses pour les faire évoluer. Car le témoignage photographique laisse le temps à la réflexion. Et je souhaite que le regard se pose sur l’humain ; que nous prenions le temps de nous concentrer sur ce qu’il y a de plus humain en nous.

En aidant l’association, en suscitant la réflexion sur des sujets d’avenir, j’ai ainsi l’impression de participer à l’œuvre la plus collective qui soit : montrer à quel point par de là le monde, nous faisons partie d’une même chaîne de solidarité.

Comment voyez-vous cette galerie évoluer si cela fonctionne ?

Mais cela va fonctionner !

Bien sûr, je vais voyager à nouveau, je vais reprendre beaucoup de photos. Je vais les partager avec un public élargi et enrichir mon approche du photojournalisme en proposant des  tirages extraits de reportages portant sur les thèmes mentionnés : je veux poursuivre le travail mené sur les représentations des femmes et des hommes, partout dans le monde. Mes photos expriment leur humanité, à la fois si universelle et singulière, du fait des conditions très différentes dans lesquelles elles peuvent se trouver.

La galerie ne doit pas seulement être virtuelle : je tiens à ce qu’elle soit un lieu de dialogues et de rencontres. Progressivement, d’autres photographes pourront me rejoindre sur OBgallery aux mêmes conditions, afin que le site s’ouvre à de nouveaux regards, d’autres sensibilités.

Il est évident qu’au-delà de la galerie virtuelle, mes photos peuvent être exposées dans le cadre d’événements que vous organisez, à partir d’un travail engagé en commun sur ce que vous voulez exprimer...

 

 

Olivier Rouquan

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